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 Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille

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Keefe Hoegarden
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MessageSujet: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Jeu 8 Juin - 22:45



Les pieds traînants entre affiches émérites et décorations sirupeuses, l’œil perdu, absent, Keefe s'ennuyait. Se chemise froissé pendait assez lamentablement hors de son pantalon, quelques boutons négligemment oublié ouvrant son col, lui donnant un air débonnaire contrastant avec ses traits fins et enfantins. Il n'avait pas quitté Centrapolis depuis quelques jours. Un besoin d'air frais, d'animation et de mouvement, il ne savait pas clairement définir ce qu'il l'avait poussé à laisser sa pension aux bons soins de son assistante pour un temps. Une pointe d'exaspération fichée en plein cœur, déréglant ses battements en une symphonie d'exagération, de frustration toute en retenue. Des soupirs condensés au bout de ses lèvres, qu'il ne cessait d'exprimer bruyamment, comme si le monde entier détenait le droit d'assister à son ennui. Mais tous l'ignorait. Déambulant de rues en rues, échouant sur la plage avant de reprendre une marche étrange, rythmée mais sans élégance, il finit par poser ses fesses à la terrasse d'un café. Un doux sourire à l'intention de la serveuse, quelques compliments savamment calculés, et son grand café atterrit devant ses yeux, soigneusement présenté. Les murmures ambiants d'une ville en pleine effervescence l'amusaient énormément. Les pupilles se faufilant adroitement d'un couple frôlant la séparation, à la mère calmant son enfant, en passant par les jeunes aux rires gras, Keefe se délectait, le menton doucement appuyé contre sa paume. Quelques fois lui prenait l'envie de vivre quelques instants par procuration, sans contraintes et sans défis, juste une lente observation qui le ravisait au plus haut point. L'espèce humaine pouvait s'avérer fascinante.

Ses doigts frôlant l'intérieur de sa poche, distraitement, il en tira inconsciemment l'une de ses Pokéball, observant l'objet du coin de l'oeil. Réfléchissant, un sourire joueur étirant ses lèvres en un masque débonnaire, il actionna le mécanisme. Avec un petit bruit sourd, Dedenne apparut sur la table, renversant le reste de café dans un manque flagrant de subtilité. Jetant un regard irrité à son dresseur, peu reconnaissante d’être dérangé sans véritable urgence, la souris se replia sur elle-meme, enfouissant sa truffe contre son flanc dans une position fœtale attendrissante. Très amusé par une réaction peu surprenante de son amie, Keefe lui caressa doucement le dos, essayant de la tirer de sa torpeur. ''Je suis désolé de te déranger ma douce. Tu ne voudrais pas me tenir compagnie, un petit moment?'' Affrontant vaillamment le regard scrutateur de son Pokémon, le jeune éleveur ne put retenir un ricanement quand la bestiole s'étira voluptueusement, venant prendre gracieusement place contre son cou. Il savait, en apprenant à la connaitre petit à petit, que Dedenne n'était finalement pas si récalcitrante à lui faire don d'un peu de son temps.

Une excuse, un sourire charmeur, et une serveuse ravie plus tard, Keefe retournait à sa déambulation. Au loin, lumière éphémère sur la mer tranquille, un bateau commençait à s'effacer. Probablement l'une des navettes faisant des allés retours entre la ville et l’île universitaire. Observant le remous des vagues quelques minutes, songeur, le jeune homme fini par secouer le menton, prenant mécaniquement le chemin de la plage. Il ressentait un certain besoin stupide à sentir le sable se glisser entre ses orteils. Un éternel sourire creusant de légères fossettes dans la finesse de ses traits, il se sentait plutôt tranquille ce soir. Il ne lui manquait qu'une petite distraction amusante pour parfaire ce moment.

Dévalant rapidement les quelques marches en pierre le séparant de la plage, le jeune homme quitta ses chaussures, les portants à main pour ensevelir joyeusement ses pieds nus dans le sable lourd. S'extasiant légèrement sur la sensation, gamin aux sentiments faciles s'émerveillant d'un rien, il releva toutefois les pupilles en apercevant un vague mouvement devant lui. Plissant les yeux face à une abondante chevelure rousse, aussi familière qu'étrangère en ses lieux, il s'approcha, surpris. Gardant un peu de distance, toutefois désormais certain de l'identité de la jeune fille, il laissa une pépite foncièrement amusé nourrir son regard, joueur. Haussant la voix, il l'interpella vivement.

''Myrtille Lynch. Tu as enfin décidé de quitter ta petite planète pour te mêler au commun des mortels? Je n'aurais jamais cru te voir dehors à cette heure là.''

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Myrtille Lynch
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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Sam 10 Juin - 1:02


Mais qui pourrait rêver?

Keefe et Myrtille
La fin de l'année scolaire approchait, amenant avec elle les vacances d'été que tous les étudiants attendaient avec impatience, et l'ambiance à l'Université en était fortement affectée. Les fêtes étudiantes se multipliaient, tantôt dans la ville lumière d'Arcadia, tantôt sur le campus. Et l'effervescence qui régnait alors que chacun attendait l'été pour rentrer chez soi, et enfin passer deux mois loin des cahiers, des devoirs, des révisions et autres tourments scolaires, avait fini par atteindre Myrtille. Sa routine ennuyante s'était enfin déréglée et commençait à dérailler joyeusement sans même qu'elle ne participe aux festivités alcoolisées des autres étudiants, ce qui avait eu le mérite de la sortir un peu de ses rêveries. Maintenant qu'elle n'avait plus de fadeur quotidienne à endurer, elle n'avait plus autant besoin de se réfugier dans ses pensées bougrement plus passionnantes que les journées trop similaires qui s'enchaînaient. Et lorsqu'elle se laissait encore aller à rêvasser, elle n'était pas la seule et partageait des pensées communes avec tous les autres étudiants. Dans cette ambiance bien plus relâchée elle ne détonnait plus autant lorsqu'elle était perchée dans les nuages. Bien plus animée à mesure que le beau temps s'installait, elle virevoltait, papotait avec tous ceux qui voulaient bien lui faire la conversation et se laisser porter par la bonne humeur ambiante en faisant tintinnabuler son rire dans les couloirs de l'Université. Telle une fleur, en dépit de son prénom fruitier, elle s'épanouissait dans les bonnes conditions et se faisait discrète le reste du temps. Et l'excitation palpable qui régnait sur Grenad'île faisait définitivement partie des bonnes conditions pour elle.

L'impatience de revenir chez elle, même pour deux petits mois, bouillonnait dans ses veines avec la même ferveur que celle des autres étudiants et lui donnait la bougeotte. Si elle passait le plus clair de ses soirées confinée dans le cocon chaleureux qu'était sa chambre étudiante, ce soir elle avait besoin de se dégourdir les jambes. Un besoin d'animation qui courrait dans ses membres et l'avait poussé à suivre le flot d'étudiants qui quittaient Grenad'île le temps d'une soirée. Pas qu'elle ait envie de les suivre jusque dans les rues toujours éclairées d'Arcadia, bien qu'un jour elle y amènerait sa délicate silhouette, mais plutôt pour s'imbiber de l'agitation qui régnait toujours à Centrapolis. La plus grande ville d'Ebera était sans aucun doute l'endroit idéal où évacuer son trop plein d'énergie. Alors c'est d'un pas enjoué qu'elle avait traversé la plage qui lui avait coûté plein de pokéballs pour une Evoli malicieuse et qu'elle s'était rendu dans l'immense ville. Tous les magasins étaient fermés mais elle se contentait de flâner dans les rues, sans but, uniquement pour s'imprégner de l'ambiance si particulière des grandes villes. Tel un opéra finement orchestré plein de scènes du quotidien se jouait sous ses yeux mais elle n'y prêtait pas la moindre attention, préférant se concentrer sur l'animation des rues. Le ballet des visages anonymes qui circulaient, se superposaient et s'interchangeaient suffit à la distraire pour un temps. Profil immobile au milieu d'une avenue en mouvement, elle finit toutefois rapidement par se lasser de son inactivité. Elle changea alors d'allée, rejoignant l'artère principale de Centrapolis pour profiter du spectacle de son et de lumière qu'elle n'avait découvert qu'en quittant Emoria. Mais piégée par la foule, le peu de liberté de mouvements l'étouffait presque. Elle se dirigea donc vers le port, calme et tranquille à cette heure-là, et elle profita pour admirer l'Océane, immense paquebot connu pour son luxe extravagant et ses combats palpitants. Mais elle n'avait ni le niveau ni les moyens d'y poser ne serait-ce qu'un orteil. Et pourtant elle rêvait d'y aller depuis qu'elle était enfant.

S'éloignant de l'énorme objet de ses élucubrations oniriques, elle retourna sur ses pas pour aller sur la plage, suivi de près par Alduin. Les bruits de la ville en arrière plan alors que la plage était déserte, elle se laissa aller à sa joie toute enfantine des vacances d'été qui approchaient en tournant sur elle-même jusqu'à en avoir le tournis. Elle finit par tomber sur le sable en riant et elle câlina Alduin avec des effusions de son amour débordant pour lui. Puis elle finit par enlever ses chaussures et se relever pour aller tremper ses pieds dans l'eau tout en regardant le coucher de soleil. Comme Silas le lui avait dit, il était moins beau que celui des Montagnes Arpent, mais le spectacle valait quand même le coup d’œil, même si le Vieux Phare lui gâchait un peu la vue. Elle entreprit donc de traverser la plage jusqu'à trouver un meilleur point de vue, marchant malgré les vaguelettes qui venaient lui lécher les pieds, tout en se lançant dans un discours enthousiaste à Alduin sur une légende qui disait qu'au sommet du Phare se trouvait le fantôme d'une princesse aux cheveux immensément longs, qui attendait patiemment que son prince vienne la chercher pour partir ensemble sur un Galopa au soleil couchant. Elle avait à peine fini son histoire qu'une voix la héla sans la moindre considération pour son monologue. Elle se tourna pour dévisager son interlocuteur inattendu qui semblait avoir toujours une réplique sarcastique au coin des lèvres qu'elle ne relevait jamais.

« Keefe... » Elle resta quelques secondes silencieuse, pensive alors qu'elle cherchait quoi répondre à sa provocation. Elle était naïve mais pas totalement stupide non plus ce qui n'empêchait pas qu'elle ne savait jamais sur quel pied danser avec le jeune éleveur. « Tu ne me connais peut-être pas aussi bien que tu le penses. Je pourrais te surprendre. »

Elle releva le menton pour donner un peu plus de poids à ses paroles et elle se garda bien de lui confirmer qu'elle aurait habituellement passée sa soirée confortablement installée dans sa chambre. Il la connaissait trop bien pour sa tranquillité d'esprit et même si ses remarques glissaient sur elle comme l'eau sur les plumes d'un Couaneton, elle ne comprenait pas ce qu'il cherchait avec elle et ça l'intriguait. Ce qui l'agaçait légèrement car s'il était un mystère à ses yeux, la réciproque n'était visiblement pas vraie.

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Keefe Hoegarden
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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Ven 16 Juin - 18:18



Un léger vent s'enhardissant entre ses cheveux, poussant l'indomptable à un enchevêtrement incongru, fresque d'une dysharmonie, le jeune homme teinta ses lèvres d'une touche sarcastique. Choses enfantines dissimulées au fond d'un regard, lueur d'ironie collé à une pupille comme une contrefaçon, il a l'air perturbé de celui qui ne peut que se retenir. Une énergie effrayante dont il ne peut se satisfaire, la peur du rejet ancré au fond du cœur, un sourire pour seul exutoire. Quelques gestes lents, abruptes ou gracieux, pour marquer ses paroles d'images qu'il est souvent le seul à comprendre, les membres constamment en mouvement de celui qui ne peut arrêter de se mouvoir. Une langue qui claque, les dents contre la chair, un peu de rouge au coin de la bouche et l'insolence, toujours. L'odeur de sel et de sable mouillé hérissent ses narines de milliers d'odeurs étranges, nostalgiques et indolentes, dont il ne cesse de s’enivrer. Ses yeux, imperturbables, ne se décrochèrent pas de la chevelure de feu détonnant étrangement dans l'air du soir, tache d'euphorie ne faisant que ressortir la prude pâleur de sa propriétaire. Elle, douce gamine au regard lunaire, il ne la connaissait que de quelques rencontres, étranges et éphémères, quand il s'amusait à s'infiltrer discrètement au sein de l'université. Des escapades, souvent destinées à visité Oliver, qui se soldaient régulièrement par quelques bravades, des sarcasmes échangées au détour de couloir, et sa lente ambition de déglingué un peu la raisonnable Myrtille Lynch. Quelques rires, des bousculades, ignorés et contraignantes, qui poussèrent Keefe à d'avantage de curiosité. Un opposé qui ne peut que le contrarier, quand lui ne rêve que fête et d'enthousiasme, loin du monde empreint de rêveries de la jolie rousse.

Un bruissement contre son oreille, la douceur du pelage de Dedenne s'installant contre son cou, et le regard mauvais que cette dernière ne put s’empêcher de jeter à l'étudiante. Keefe posa quelques secondes ses pupilles sur son Pokémon, levant la main pour caresser son front du bout des doigts, un sourire tendre entre ses fossettes. La possessivité de cette bestiole ne pouvait qu’être adorable. La laissant grimper lestement sur son épaule, pleinement éveillée et alerte, l'éleveur la laissa mordre son doigts quand il fit l'erreur d'essayer de caresser son ventre. Quelques mots flottants dans l'atmosphère, son nom prononcé d'une manière vaporeuse, pensive, Keefe laissa échapper un rire chaud, puissant, à l'innocente phrase prononcé par la jeune fille. Quelques grains de sable glissant sur le dos de son pied, frisson passager, il avança rapidement de manière à se rapprocher de Myrtille, ses chaussures se balançant joyeusement au bout de son bras. Avisant le Solochi de la rousse à ses pieds, Alduin, le jeune homme le salua prudemment, gardant tout de meme une certaine distance en sentant le petit corps de Dedenne se tendre imperceptiblement. Un sourire franchement ravie éclairant son visage d'une lueur teintée de défi, creusant quelques rides aux coins de ses cils,  un amusement clairement perceptible enrobant chacun de ses mots, il ne ressentait pas le besoin de se contenir face à elle. ''Surprenante n'est pas vraiment le mot que j'utiliserais pour te décrire, Myrtille. Tu es beaucoup trop prévisible.'' Lâchant un ricanement aiguë, ironique, laissa Dedenne descendre le long de sa jambe, la brusque envie d'aller renifler l'étudiante semblant s’être emparé du petit Pokémon. ''Mais, si tu es vraiment capable de me surprendre, j'aimerais beaucoup voir ça!'' Clairement moqueur désormais, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de se remémorer la tranquillité apparente de la rouquine, de ses propre sarcasmes semblants incapables de l'atteindre et de la sérénité qu'il ne pouvait s’empêcher de lui envier. Que tout devait etre tranquille, dans le monde de Myrtille.
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Myrtille Lynch
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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Sam 17 Juin - 16:57


Mais qui pourrait rêver?

Keefe et Myrtille
Exilée dans ses mondes oniriques pour fuir la morne réalité de son existence, la douce rouquine n'en sortait que lorsqu'elle trouvait plus excitant ou plus joyeux que ses rêveries. Le reste du temps elle posait ses prunelles bleues sur ce qui l'entourait avec détachement pendant que son esprit était à des lieux de là. Elle vivait par procuration, se contentant sans mal du ballet incessant de ses pensées pour lui servir d'échappatoire d'un quotidien trop fade à son goût. La routine l'ennuyait, le train-train la lassait, les répétitions la rongeaient. Mais plutôt que de s'en détacher physiquement en partant sans un regard en arrière pour explorer Ebera toute entière avant d'aller visiter les autres régions, elle se contentait d'en rêver avec envie. Parce qu'elle était raisonnable et que les coups de tête ne lui ressemblaient pas. Elle n'aimait pas faire quelque chose avant d'avoir soigneusement pesé tous les risques et bénéfices, avant d'avoir envisagé tous les obstacles, avant d'avoir planifié tous les imprévus. Et c'était là que ses divagations mentales intervenaient, lui permettant d'imaginer avec précision toutes sortes de scénarios catastrophes, à la logique parfois incertaine, mais qui la paralysaient et la condamnaient à rester sagement à sa place. Avide d'aventures elle avait repoussé sans cesse le moment de partir découvrir Ebera. Elle avait tout d'abord attendu d'avoir un Pokémon puis elle s'était finalement résignée à attendre d'avoir son diplôme. Et à ce moment elle aurait probablement trouvé une nouvelle excuse pour ne pas partir et continuer de vivre à travers ses rêves. Elle se faisait parfois la réflexion que son imagination débordante était à la fois la touche de folie salvatrice dont elle avait besoin pour se libérer de la monotonie de ses journées et le bourreau qui la conduisait à la potence de la platitude.

Mais ses divagations fantasmagoriques avaient un peu perdu de leurs emprises sur elle alors qu'elle avait été encouragée lourdement et de manière très persistante à agrandir son équipe. Ce qu'elle s'était résignée à faire, bon gré mal gré au départ parce qu'elle n'aimait pas être brusquée, mais elle avait finalement pris tant de plaisir à la capture des Pokémon et à la découverte de sa région natale qu'elle s'y rendait de plus en plus souvent, se concentrant sur la réalité tangible et oubliant un peu l'irréalité de ses pensées. Un peu seulement car elle était bien plongé dans un récit rêveur quand son prénom fut prononcé, attirant immédiatement son attention pour poser ses yeux sur la grande silhouette de Keefe Hoegarden. Si avoir de la compagnie en cette chaude soirée de printemps ne la dérangeait pas, elle détestait bien trop le silence pour apprécier une longue solitude, elle n'était pas certaine de ce qu'elle devait penser de sa compagnie, et en règle générale de lui. Encore moins alors qu'il s'approchait pour lui dire qu'elle était prévisible. Affirmation qui la dépassait complètement. Les gens ne la comprenaient pas. En dehors de Physalis qui la connaissait par cœur, sa logique et ses comportements échappaient totalement à ses pairs. Elle ne s'en formalisait pas, elle était habituée et savait bien qu'elle ne rentrait pas dans le moule. Ca ne l'empêchait pas de bavasser avec ses camarades de cours et de plus ou moins s'intégrer partout, mais leurs échanges restaient le plus souvent superficiels, bien que positifs. Alors ils ne la comprenaient pas et semblaient toujours étonnés de voir qu'elle se perdait dans ses pensées, qu'elle était perpétuellement en retard ou n'importe lequel de ses comportements. Comme s'ils s'attendaient à ce qu'elle change du jour au lendemain. Et pourtant Keefe, avec lequel elle avait encore moins parlé qu'avec les autres personnes qu'elle avait connu à l'Université et avec lequel les échanges se résumaient facilement à des moqueries et sarcasmes auxquels elle ne réagissait pas, lui affirmait qu'elle était prévisible. Et ça la dérangeait, faisant naître en elle l'envie de répondre à sa provocation. Juste une fois. Une seule fois. Histoire de lui prouver qu'il ne la connaissait pas. Histoire de montrer qu'elle était autant un mystère pour lui qu'il était un mystère pour elle. Parce qu'elle ne le comprenait pas et ne savait jamais comment agir en sa présence. Il semblait attendre quelque chose d'elle mais elle n'arrivait pas trouver ce que c'était, pas plus qu'elle n'arrivait à imaginer ce qu'il ferait ou dirait la prochaine fois qu'elle le croiserait. Les gens étaient plutôt simples à comprendre d'habitude, même pour quelqu'un d'aussi peu observatrice qu'elle. Mais lui ne l'était pas et il l'intriguait à cause de ça, à son corps défendant.

Alors l'idée de lui rendre la pareille la titillait, l'énergie nerveuse qui courait dans ses veines depuis quelques jours fourmillant presque dans ses membres pour la faire réagir. Une seule et unique fois. Ce n'était pas sa manière de s'amuser à ses dépends, pas son rire sarcastique ni même son ton moqueur qui lui donnait envie de réagir. Mais bien le sens de ses mots qui l'agaçait et venait perturber sa sérénité. Alors elle fronça les sourcils en le regardant pensivement, partagée entre l'envie d'ignorer une fois de plus ses provocations et celle de réagir pour égratigner ce qu'il croyait connaître d'elle. Elle détaillait ses traits au charme juvénile, cherchant la moindre faille dans son amusement sans pour autant en trouver. Elle se moquait totalement des secondes qui s'égrenaient alors que l'envie, nouvelle et étrange chez elle, d'agir impulsivement naissait dans les méandres de son esprit pour s'imposer avec une force grandissante. Juste une fois... Ca ne ferait pas de mal de céder à la tentation une seule fois. De céder à une impulsion presque délictueuse chez elle. Alors elle se baissa lentement pour poser ses chaussures dans le sable sans écraser le Dedenne qu'elle salua d'un murmure, elle effleura brièvement la fourrure d'Alduin pour le rassurer avant de se redresser et de franchir la distance qui la séparait de Keefe. Elle posa ses mains aussi légères que les plumes d'un Tylton sur les épaules du jeune homme en se dressant sur la pointe des pieds, histoire de ne pas se casser la figure dans le sable. Bon sang ce qu'il était grand par rapport à elle ! Et sans y réfléchir une seule seconde plus elle posa ses lèvres sur les siennes. Doucement, presque timidement alors que c'était elle qui avait initié ce baiser qu'elle prolongea le temps de quelques battements de cœur, prenant son temps pour l'embrasser et savourer le contact de ses lèvres, étonnamment douces contre les siennes, comme pour tout ce qu'elle faisait. Puis elle s'écarta, brisant le contact entre eux et s'éloigna alors que la réalisation de ce qu'elle venait de faire lui éclata à la figure.

« Surprise. C'était bien ce que tu voulais non ? J'aurais pu te faire tomber dans le sable aussi mais tu aurais pu te blesser et je m'en serais voulu. Surtout qu'il y a plein de Pokémon ici alors l'un d'eux t'aurait peut-être attaqué. Même si je suis sûre que ton Pokémon t'aurait défendu. Très joli Dedenne d'ailleurs, vraiment superbe. Je n'ai pas eu la chance d'en trouver malheureusement. Mais j'ai trouvé un Evoli alors ça compense. Enfin façon de parler, les Pokémon ne se compensent pas entre eux bien sûr. Et j'espère bien trouver un Dedenne un jour. Mais là il fait trop chaud pour se promener et capturer des Pokémon. »

Elle babillait, les mots sortant de ses lèvres à toute vitesse, s'entrechoquant presque dans un chaos qui n'avait de sens qu'à ses oreilles et elle espérait presque que la succession de mots ferait oublier son geste. Au moins tout autant qu'elle espérait que quelque chose l'interrompe. N'importe quoi. Mais qu'elle trouve une raison pour arrêter de parler et de s'enfoncer encore plus dans le bourbier qu'elle avait elle-même créé. Voilà pourquoi agir sans réfléchir était mal et ses pensées s'enchaînaient à la même vitesse que son discours qui ne s'arrêtait plus, malgré toutes ses prières silencieuses pour que quelque chose la fasse taire.

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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Jeu 29 Juin - 20:33



Un embrun solitaire frôlant un visage, l'acidulé parfum de l'océan se revêtant d'une parure sucrée au contact d'une chevelure, l'air marin s'attarda sous ses narines, narquois, taquin. L'ombre se déployait progressivement, ensevelissant la plage et ses abords d'une fine couche de noirceur, octroyant à l'immense ville le monopole incendiaire d'une luminosité incandescente. Quelques pas derrière vous, les marches grisâtres offrant l'accès à la cité semblait peu à peu disparaître sous les élans aventureux de quelques grains de sables, subtilement. Les paupières légères, quelques cils disparaissant sous l'espièglerie d'un regard, l'apesanteur d'une attention un peu trop forte, un brin trop prenante. La moue contrariée d'un enfant inattentif, désobligeant, il a l'air princier de celui qui se sait dominer, l'éleveur. Et pourtant, curieuse étrangeté d'un etre qu'il ne peut comprendre, il se sait incapable de saisir les tenants d'une discussion avec cette jeune femme. Les simplicités d'un esprit différent qui tendent à échapper à son contrôle, à sa curiosité, le poussant toujours d'avantage à jouer d'humour et d'excès, cherchant à percer l’abcès. L'incertitude constante d'un homme qui n'accorde que peu de crédit au bruissement d'une autre vie, d'une autre manière d’être.  Impatient, quand il est face à elle, le front s'heurtant continuellement à une tranquille brume, masse nuageuse et chimérique ne semblant pouvoir s'ouvrir à son esprit. Les rêveries dévorante d'une autre. Tout un monde dans un regard, lointain, dans un silence qui s'éternise, et qu'il se sait interdit de rompre. En a-t-il seulement envie? L'amusement dans un sourire, de celui qui s'apprends à la patience, les doigts qui se croisent et se crispent, geste superflu d'un mouvement désordonné, seul signe de sa légère impatience. Le regard de l'étudiante se voile, se perds et s'attarde, et Keefe ne peut que laisser échapper un léger ricanement face à la prévisibilité de la situation. Il ne peut se dresser à l'intérieur des pensées de la jeune fille, et malgré son assurance et ses airs narquois, il ne sait ce que peut traverser l'océan tumultueux de l'esprit de la rouquine. Les pupilles glissant sur le corps pelucheux de son Pokémon, avertissant la petite chose de ranger ses canines et ses humeurs, l'éleveur laissa un léger soupir s'évaporé entre ses dents. Se laissant aller à une douce distraction, se distrayant quelques secondes de la jolie rousse et de ses réflexion, Keefe ne remarqua qui brièvement l'étudiante déposé ses chaussures et s'avancer vers lui, vaporeuse. Une étrange lueur s'attardant au fond de son regard, tirant un sourire torve au jeune homme, Myrtille déposa légèrement ses mains sur les épaules du garçon, se soulevant délicatement pour venir déposer ses lèvres sur les siennes. La surprise se peignant en tache rougissante sur le haut de ses pommettes, les secondes s'égrenant lentement sous l'assourdissance de ses sens, Keefe cessa le moindre mouvement, totalement emprisonné dans l'étreinte d'une surprise ingénue. Le temps d'un battement de cils, et la jeune femme s'éloigna, entamant rapidement une litanie effrénée, consciente de son trouble, presque amusante. Figé dans une immobilité étrange, impossible à ses yeux, Keefe serra les dents, une humeur le prenant brusquement à la gorge, tendant ses muscles dans une attitude difficilement contrôlé. Le regard un peu plus dur, les pupilles fixé sur la rouquine et sur sa diatribe, l'éleveur essayait de comprendre. Et la chose lui échappait. Prédestiné à une curiosité certaine, presque angoissante d'une tendance à toujours vouloir etre assouvie, l'idée qu'un comportement improbable d'une personne prévisible le surprenne lui était assez insupportable. Les lèvres s'étirant narquoisement en un sourire aiguisé, moqueur quoi-que forcé, Keefe ne put toutefois s’empêcher de ressentir une certaine pointe de satisfaction; nourrissant d'un mince filet d'auto-satisfaction son narcissisme déjà correctement développé, le jeune homme ne pouvait que se féliciter d'avoir enfin réussi à dévergonder un tant soit peu la prude Myrtille Lynch.

Un rire sec se déversant au travers de ses lèvres serrées, rictus acidulé collé en masque sur son visage bambin, Keefe interrompit le monologue de l'étudiante, les pupilles ancrés au dessus de son épaule.

''Surprise, en effet. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça, Myrtille.''
l'air railleur, le ton aiguë, il laissa ses membres se déliés, ses doigts retrouvant leur mouvement continu, spasmodique. Une sournoiserie au coin de la bouche, il se rapprocha de la jeune femme, collant sa main dans sa chevelure, un peu durement, parodie de gentillesse contrarié par la raideur de son geste. ''Ne te disperse pas, Myrtille. T'as beau joué à la grande, ça se voit que tu es complètement paumé. C'est si difficile que ça, un peu d'impulsivité de temps en temps? Et évite de caresser Dedenne, elle est tout à fait adorable, mais elle a tendance à mordre.''
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Myrtille Lynch
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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Sam 1 Juil - 0:33


Mais qui pourrait rêver?

Keefe et Myrtille
Myrtille n'était pas du genre à réagir aux provocations. Ni à embrasser quelqu'un qu'elle connaissait à peine. Alors encore moins à embrasser quelqu'un qu'elle connaissait à peine pour réagir à une provocation. Une grosse part d'elle était horrifiée par son geste mais une petite était assez satisfaite d'avoir enfin cloué le bec à l'arrogant Keefe Hoegarden qui ne semblait pas avoir d'autres ambitions pour la soirée que s'amuser à ses dépends. Et si d'habitude elle se contentait de réponses légères en total décalage avec ses sarcasmes et ses critiques à peine voilées, ce soir elle n'arrivait tout simplement pas à ne pas réagir. Parce qu'il lui avait dit qu'elle était prévisible. Et aux yeux de la rouquine cela constituait la pire offense possible. Elle refusait d'être prévisible, de devenir comme ce quotidien sans surprise qu'elle détestait tant. De devenir ce qu'elle redoutait le plus. De devenir sans couleur, sans saveur. Alors avec une hardiesse qui lui était étrangère elle l'avait embrassé pour lui prouver à lui autant qu'à elle-même que non elle n'était pas prévisible, certainement pas. Mais son euphorie victorieuse n'avait été que passagère et elle se perdait dans une logorrhée verbale en souhaitant presque qu'elle efface son geste inconsidéré. Parce que ce geste ne lui ressemblait pas et qu'elle était assez extravagante pour être surprenante sans avoir besoin de faire ce genre de choses. Et c'était mal d'embrasser quelqu'un juste pour prouver quelque chose. Certes Keefe avait un charme qui aurait probablement eut de l'effet sur elle s'il avait daigné la considérer une seule fois comme une personne plutôt que son jouet et défouloir personnel. Mais ce n'était pas une raison suffisante pour embrasser quelqu'un. Et à voir la réaction du jeune homme il semblait plus que mécontent de son geste sans qu'elle puisse déterminer si c'était le baiser en lui-même ou la surprise causée par ce baiser, qui lui déplaisait autant. Dans un cas comme dans l'autre ce n'était pas le genre de réaction qu'elle se sentait prête à gérer.

Elle n'aimait pas les conflits. C'était d'ailleurs bien souvent la raison pour laquelle elle s'enfermait dans sa bulle de tranquillité pour répondre avec sa douceur et son calme habituels. La colère faisait dire des choses dures qui blessaient les gens irrémédiablement. Il suffisait de peu parfois pour briser totalement la confiance d'une personne, que ça soit en elle-même ou en un autre être. Une dispute pouvait mettre un point final à une relation uniquement à cause de mots sortis sous la colère. Des mots destinés à blesser uniquement pour assouvir sa rage. Elle refusait donc toujours de rentrer dans ce genre de choses, craignant de perdre des personnes qu'elle aimait à cause de quelques piques mal placées. Et même si elle n'était pas lié à Keefe d'une quelconque manière qui lui fasse craindre de le voir disparaître de sa vie, elle n'avait aucune envie de s'embrouiller avec lui. Elle, elle aimait la paix. Alors quand le rire acide de Keefe interrompit son monologue elle n'avait plus qu'une envie, se terrer dans un trou de Dedenne. Peut-être que celui de l'éleveur serait assez généreux pour lui en creuser un en attendant que l'orage passe. Mais visiblement non puisque après quelques mots jetés d'un ton moquer Keefe s'approcha d'elle, glissant une main dans ses boucles rousses sans la moindre douceur pour l'abreuver de nouveaux sarcasmes. Grimaçant légèrement face à la rudesse de ce traitement qu'elle supposait avoir mérité d'une étrange manière en lui imposant un baiser qu'il n'avait clairement pas voulu elle détourna le regard, plus gênée par cette proximité que lorsqu'elle l'avait embrassée. Parce que cette contiguïté était oppressante.

Face à ce genre de propos volontairement désagréables elle avait tendance à s'isoler dans ses pensées où tout était beau et doux. Dans sa tête rien n'essayait de la blesser, de la démolir ou de la mettre en colère. Et dans ses rêveries elle s'en tirait toujours sans problèmes. Mais pas dans la réalité. Et là, alors que sa seule échappatoire lui était enlevé par le regard dur de l'éleveur posé sur elle et sa main dans sa nuque, elle contenait à grand peine son agacement. Comment osait-il se permettre de s'infiltrer dans sa mécanique bien huilé pour la détériorer ? Et spécialement ce soir alors qu'elle était de si bonne humeur ? Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de se moquer de sa façon d'être perpétuellement dans la lune comme il le faisait d'habitude avant de passer à autre chose ? De quel droit s'immisçait-il dans ses pensées avant de l'empêcher de s'y évader ? Elle faillit gonfler les joues et souffler bruyamment, de la même manière que la Sonistrelle d'Ezra, avant de se rappeler que vu la proximité avec Keefe ce serait impoli. Et ce n'était pas parce que lui l'était qu'elle devait l'être. Au lieu de ça elle dégaina son plus beau sourire alors que sa voix prenait des intonations aigre douce.

« Elle ressemble à son dresseur alors. » Elle se redressa pour planter son regard dans le sien en essayant d'ignorer à quel point il était proche d'elle et à quel point il paraissait encore plus grand du coup. « Je pense que tu surestimes l'effet d'un baiser sur moi, ce n'est pas suffisant pour me paumer comme tu dis, encore plus en sachant que c'est moi qui t'ait embrassé. Ce que je n'appelle pas jouer la grande, ce n'est pas mon premier baiser contrairement à ce que tu as l'air de penser. Maintenant à moins que tu ais l'intention de faire la même chose pour me rendre la pareille j'aimerais bien que tu t'éloignes de moi et que tu lâches mes cheveux. S'il te plaît. »

Tout en politesse et en calme, sa voix était à peine plus élevée qu'un murmure dans l'espoir d'apaiser les choses, alors qu'une part obscure d'elle-même qu'elle n'avait pas l'habitude de côtoyer lui intimait de lui faire fermer son clapet une bonne fois pour toute pour qu'elle puisse avoir la paix. Mais céder à une impulsion une fois l'avait mise dans cette situation inconfortable, elle ne céderait certainement pas une seconde fois pour empirer la situation. Il trouvait ça aberrant qu'elle trouve ça difficile de faire preuve d'impulsivité de temps en temps ? Il suffisait de voir où ça la menait quand elle se laissait aller juste une fois à suivre une impulsion pour voir pourquoi elle n'aimait pas ça. En agissant raisonnablement rien de tout ça ne serait jamais arrivé.

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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Mar 4 Juil - 20:00



Une saveur aigre-douce soulevant son palais d'une pointe d'amertume, un simulacre de patience tambourinant contre ses temps, Keefe respirait, lentement, surement. L'acidité marine coulant le long de ses narines, se frayant un chemin hasardeux entre son cœur et ses poumons, le sable collant ses pieds à la chaleur éconduite d'une fin de journée réveillaient en lui une sourde attente. Une envie infinie de se dégager, de retourner se fondre dans le bitume, d'essayer de trouve d'un moyen de calmer la douce frénésie abrutissant ses gestes d'un peu de remords. Il lui était si facile d'oublier que la plupart des gens ne vivaient pas au meme rythme que lui; sa décadente impatience de se jouer des autres, de pousser un sourire à fleurir son propre visage, amusement constant, suffisait régulièrement à inspirer une discrète méprise. La retenue éphémère, fragile, d'un gamin n'ayant jamais réellement appris à se soustraire aux regards du monde, la crainte d'inspiré le rejet, l'exaspération, le poussant constamment à des maladresses confuses et ironiques. Et toujours cette ride au creux de la joue, témoin insolente de ses acrobaties, rappel marqué de son gout démesuré pour les joyeusetés.

Les doigts glissant contre le cou de la rouquine, enserrant ses boucles d'une étreinte sèche, le jeune homme colora ses pupilles d'une teinte sarcastique, sa langue fourchu cherchant à reprendre le contrôle d'une situation échappant de trop à sa volonté. Il appréciait se jouer de la jeune fille; leurs confrontations, peu nombreuses, teintaient systématiquement son humeur d'un peu de douceur. Se perdant dans les couloirs de l'université quand l'envie s'en faisait sentir, au cours de quelques déambulations, l'éleveur avait vite fini par cerner l'étrangeté évoqué par la présence de Myrtille. Une rêveuse pacifiste, incapable de laisser son petit monde débordé dans la réalité, chose demeurant incompréhensible aux yeux de Keefe. Comment s'épanouir en étant prisonnier de son propre esprit? Une curiosité effleurant son intérêt, peu compréhensif et empreint d'un égoïsme certain, l'effronté semblait décidé à briser les barrières du monde idyllique de l'ingénue. Besoin absolu de tendre un peu la corde, d'assouvir une appétence primaire par un jeu enfantin, il avait très vite pris le gout à la plaisanterie. Sans toutefois que ses sarcasmes ne trouvent de véritables réponses, ses bravades s'effilochant contre la calme ignorance de l'étudiante.

Une irritation picorant ses pommettes d'une ombre crispée, le jeune homme se força à contenir sa légère irritation. A contrario de leurs autres rencontres, l’imprévisibilité n'était pas née de l'un de ses actes; la surprise semblait ne pouvoir déserter ses traits, et paraît son humeur d'une singulière nervosité. Peu de choses arrivait à mettre l'éleveur dans une situation de difficulté, s'arrangeant toujours pleinement pour ne pas affronter une déconvenue peu gratifiante. Fierté mal placé d'un égo empreint de fragilité. Ignorant leur proximité insouciante, sans amusant presque, Keefe détailla les réactions de la jeune femme. Après une clair hésitation teinté de gêne, il s'étonna de la voir redresser les épaules pour plonger son regard dans le sien, un éblouissant sourire aux bords des lèvres. Serrant les dents en écoutant ses paroles, plus assurés qu'il ne le pensait de prime abord, il s'étonna de ses piques et de son cran apparent. Calme, tranquille, la singularité de la situation semblait glisser sur chacune de ses syllabes. Insufflant de la douceur à quelques verbes tranchants, la politesse se dégageant de son ton insuffla une once de prudence entre leurs deux êtres, poussant Keefe à esquissé un sourire gourmand. Émiettant le pour et le contre de sa diatribe, s'amusant de la possibilité de lui rendre la pareil et de la situation brumeuse qui en résulterait, les paillettes euphoriques alourdissant son regard se dispersèrent, un amusement condensé prenant le pas sur ses humeurs.

Refoulant sa grimace, assumant avec facilité la naissance d'un visage sérieux, Keefe avança légèrement ses orteils contre le sable, grignotant un pas supplémentaire pour se rapprocher de la jeune femme. Baissant son visage, toisant l'enfant d'un regard, l'éleveur rapprocha significativement son visage de celui de la rouquine, laissant une mèche de sa chevelure caressé sa joue sans faire mine de s'en sentir gêné. Laissant un souffle échappé à la barrière de ses lèvres, rebondissant contre le cou de l'étudiante, il ne chercha pas à capter ses pupilles. Soupesant l'inconfortabilité de la situation, une ombre d'hésitation l’incitant silencieusement à réellement lui rendre son impertinence, il s'attarda quelques secondes près de sa joue, fantomatique. ''Tu as l'air si sure de toi que je ne te reconnaîtrais presque pas, Myrtille. Quel effet est-ce que cela fait, de redescendre sur terre quelques minutes? De ce que je peux en voir, tu as l'air d'y trouver tes aises.'' Laissant un rire s'évaporé, miroitant entre la courte distance les séparant, l'éleveur finit par se dégager lestement, lâchant les cheveux et laissant un sourire torve animé à nouveaux ses traits fins. Eclatant franchement de rire, un brin mesquin, un peu malin, il instaura de lui-meme un écart plus raisonnable avec la jeune femme. ''J'espère que la comparaison avec Dedenne ne concerne que le coté adorable de la chose.''

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MessageSujet: Re: Mais qui pourrait rêver? - feat. Myrtille   Jeu 6 Juil - 11:42


Mais qui pourrait rêver?

Keefe et Myrtille
La seule chose que Myrtille désirait en cet instant était que Keefe la lâche et s'éloigne d'elle, mettant ainsi un terme à cette proximité qu'elle jugeait inconfortable. Elle avait beau soutenir son regard sans ciller après lui avoir servi quelques piques dont elle n'avait pas l'habitude, elle n'était pas à l'aise. Et puisque le baiser qu'elle lui avait volé quelques secondes plus tôt avait eu l'air de l'agacer au plus haut point, en évoquer un deuxième lui semblait être la manière la plus sûre pour qu'il s'écarte d'elle rapidement, quitte à devoir supporter une moue exagérément dégoûtée à cette idée. De toute façon ce n'était pas comme si elle voulait que ses baisers plaisent à Keefe Hoegarden. Elle, elle voulait juste retrouver la paix et un semblant de normalité dans les rapports qu'elle entretenait avec le jeune éleveur. Parce que si leurs échanges habituels la laissait confuse quand à ses intentions envers elle et la raison de ses sarcasmes, cette fois elle était totalement perdue et ne savait ni quoi dire ni quoi faire pour que les choses tournent à nouveau rond, restant à égale distance du centre et non dans une spirale qui semblait l'attirer elle ne savait où. Elle voulait réinstaurer de la distance entre eux et subir à nouveau son ironie et ses moqueries sans en comprendre la raison ou le but. C'était mieux que de savoir exactement pourquoi il les lui infligeait et de payer aussi chèrement son impulsivité passagère qu'elle avait immédiatement regrettée. Mais au lieu d'avoir l'effet escompté, ses mots le poussèrent à se rapprocher à nouveau d'elle, réduisant le faible écart entre eux à peau de chagrin, alors qu'elle était parcouru d'un léger frisson. Frisson qu'elle attribua immédiatement à l'air marin qui effleurait chacune des parcelles de sa peau et s'infiltrait sous ses vêtements. Ca ne pouvait pas être autre chose n'est-ce pas ?

Mais la légère vibration de son corps sortit bien vite de son esprit alors que le jeune homme approchait son visage du sien. Sa main toujours sur sa nuque, les doigts coincés dans ses cheveux, elle ne pouvait pas s'échapper de ce rapprochement qu'elle trouvait soudainement plus agréable que le premier. Sans le poids du regard dur de Keefe dans le sien et maintenant que l'instant semblait plus à la douceur qu'à la confrontation elle se laissait aller à d'étranges rêveries. L'esprit et les yeux brumeux, ses pensées semblaient mourir les unes après les autres alors qu'elle sentait un souffle chaud sur son cou, simulacre d'une caresse fantomatique, donnant ainsi un tourbillon d'idées avortées, étouffées dans l’œuf aussi vite qu'elles apparaissaient. La seule qui revenait, persistante et de plus en plus insistante à mesure que les secondes passaient, était celle qu'il allait l'embrasser. Un baiser qu'elle savait déjà qu'elle ne lui refuserait pas et elle sentait son petit cœur s'emballer à l'idée même de sentir à nouveau l'arrière goût de café sur la bouche de Keefe, bien plus agréable sur ses lèvres que dans une tasse ou un bol. Totalement immobile de peur de rompre l'instant, même sa respiration avait ralentit, alors qu'elle attendait presque ce baiser qu'il semblait lui promettre. Mais il suffit de quelques mots et d'un rire pour briser ce moment, avant même qu'il ne rompe l'étreinte qu'il avait lui-même instauré, la laissant presque hagarde, décontenancée. Elle réprima sans mal sa colère, reconnaissant sa défaite sachant qu'elle était la responsable de ce jeu qu'il avait poursuivi avec bien plus d'habilité qu'elle. Mais sa déception fut plus difficile à faire passer, même si elle se mêlait au soulagement de retrouver à nouveau en terrain connu bien qu'instable. A choisir entre la chute libre et les sables mouvants, elle préférait largement les sable mouvants, la chute libre était bien plus douloureuse. Elle repoussa donc sa déception et l'attente voluptueuse qui avait coulé dans ses veines au fin fond de son esprit, là où personne ne s'aventurait jamais, pas même elle, et elle les cloisonna fermement, mettant son émoi sur le compte du coucher de soleil et de l'histoire romantique qu'elle avait raconté un peu plus tôt à Alduin. L'embrasser avait été une erreur, le laisser l'embrasser en serait une deuxième et plus grosse encore. Et elle ne commettait jamais deux fois la même erreur. Tant pis pour sa curiosité inassouvie qui se demandait à savoir à quoi ressemblait un baiser de Keefe Hoegarden en sachant que rien que son petit jeu l'avait mis dans sous ses états. Peut-être avait-il raison, peut-être qu'elle jouait à la grande et qu'elle était totalement paumée. Mais elle ne le lui laisserait pas savoir pour autant.

Elle se baissa pour caresser Alduin qui se roulait dans le sable avec délice, sans trop se soucier de la scène qui venait de se passer juste sous son nez tant que sa dresseuse n'était pas en danger, cherchant à retrouver une certaine contenance maintenant qu'elle était loin de son regard. Elle songea qu'au final il n'était si surprenant que ça qu'il ne se soit pas reculé de suite ni même qu'il ne l'ait pas embrassée puisqu'il semblait prendre un malin plaisir à ne jamais faire ce qu'elle imaginait, jouant sans fin contre son imagination pourtant débordante. Elle n'était pas une tentatrice, elle n'était pas faite pour les jeux de ce genre mais le rire mesquin de Keefe prouvait que lui si, lui laissant perpétuellement une longueur d'avance sur elle. Et elle ne s'aventurerait certainement plus sur son terrain de peur de finir par se brûler les ailes. Fini leur pas de deux presque collés serrés, elle préférait largement leur disharmonie où aucun des deux ne dansaient sur le même rythme. L'aveu qu'elle ne le comprenait pas lui brûla les lèvres et elle failli le laisser s'échapper dans un soupir de défaite, uniquement pour mettre un terme à tout ça et revenir dans un monde de chimères où elle était reine et non pas une simple marionnette facile à manipuler. Mais elle n'en fit rien et se contenta de lui tourner le dos pour s'asseoir dans le sable face à la mer dès qu'elle fut sûre qu'elle était à nouveau maîtresse d'elle-même, sans se soucier des secondes qui s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'il lui avait parlé.

« Tu as conscience d'être mordant avec moi mais jamais adorable ? »

Douce et aérienne, il n'y avait aucune nuance de reproches dans sa voix, uniquement une véritable question même si elle n'espérait pas de réponse. Keefe était et resterait un éternel mystère et elle était bien trop innocente pour percer ses secrets. Alors elle ne lui laissa même pas le temps de dire quelque chose, qu'elle enchaînait déjà sur le nouveau sujet de ses pensées, passant du Déflaisan au Tiboudet sans la moindre transition alors qu'elle se rappelait ce qui lui avait faire croiser le chemin de l'éleveur.

« Tu savais que les couchers de soleil étaient encore plus beaux vu des Montagnes Arpent ? Les gens pensent souvent que c'est au bord de la mer qu'ils sont le plus beaux et pourtant... »

Un sourire rêveur s'accrocha à ses lèvres alors qu'elle songeait à cette nuit passée sur les montagnes en compagnie de Silas qui lui avait offert de partager son feu et sa nourriture. Elle se moquait bien de ce que pourrait lui dire son interlocuteur, la neutralité était de toute façon préférable à une bataille perdue d'avance contre son esprit retord. Et elle ne savait fichtrement pas ce qu'il était approprié de dire après un baiser volé et l'anticipation d'un autre, alors ce sujet là ne lui semblait pas plus mauvais qu'un autre.

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