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 Down on the memory lane (Caliban)

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Message(#) Sujet: Down on the memory lane (Caliban) Down on the memory lane (Caliban) EmptySam 10 Juin - 3:01

Memory lane

Coeur qui frappe la poitrine, souvenirs anciens qui se démènent sous l'or des cheveux blonds. A peine conscient des rues qui défilent sous tes pas, en proie aux émotions et aux bribes qui t'assaillent, tu progresses dans la ville à peine connue. Voilà tout juste deux jours que tu es arrivé à Vortresse, et quelques semaines, quelques petits mois tout au plus, que tu es à Ebera. Deux jours passés à te tracasser, à hésiter sans presque t'arrêter. L'une des raisons de ta venue dans la région se trouve là, dans la vastitude de cette ville immense, pleine d'immeubles géants - la lumière, pourtant, la beigne comme si les proportions n'étaient pas démesurées ; comme si le temps ensoleillé refusait de se mettre au diapason du gris de tes états d'âme nuageux. Eternel maladroit, tes pieds se prennent dans les pavés lissés, sans fissures ni reliefs ; tu trébuches, te rattrape en une série de petits pas aussi déséquilibrés qu'ils sont précipités qui te font bousculer l'épaule de la femme qui marchait devant toi. Altier port de tête qui renforce l'illusion de son cou gracile, qui accentue la hauteur du regard fauve empli de dédain. "Pardon..." Tu balbuties, mal à l'aise sous ces yeux pour lesquels tu n'es déjà plus rien. Déstabilisé non pas par cet éclair de méprit mais par les pensées qui t'assaillent, lambeaux d'une glace terrible, affûtée par les griffes effilées de l'inquiétude.

Il faut dire que tu en as bouffé, de l'arrogance et du dédain, durant tes années à la Team Rocket. Tu en as reçu tellement, de flèches de mépris, de ces attaques sournoises qui se faufilent, furtives, dans la moindre crevasse, qui transpercent toutes les armures, mêmes les plus épaisses lorsqu'elles sont adroites, que ces regards anonymes ne te font plus rien. Ils ricochent sur ta peau sans t'atteindre, coulent sur l'épiderme comme une eau qui ne mouillerait pas. Enfin, il est vrai que l'insensibilité qui te protège s'est un peu étiolée, depuis que tu as quitté, que tu as fuit l'organisation, la corne d'une peau qui s'attendrit dès lors que la répétition des agressions faiblit - la carapace n'est jamais loin pourtant : quelques situations particulières - certaines ambiances, des paroles trop justement utilisées, des rapports avec la Team Rocket - et la voilà qui revient, comme une seconde peau qui, immédiatement, te retransforme dans l'Artémis d'années passées et révolues. L'Artémis qui a grandit dans ces eaux troubles, infestées de poisons translucides et d'une pluie de poussières de joie opalescentes, qui scintillent et attirent de leurs reflets irisés, irrésistibles. C'est trompeur et volontaire ; c'est avec ça qu'on t'a influencé pour que tu les rejoignes, avec ça qu'on t'a fait croire que rester était ta volonté. Que ce serait ce qui pourrait t'arriver de mieux. Que la Team Rocket serait ceux qui t'apprendraient et te feraient progresser, peu importe la rudesse des épreuves, mais surtout qu'ils seraient les seuls à t'accepter à ta véritable valeur, malgré ta maladresse légendaire et ton caractère lunaire et atypique ; les seuls à t'offrir ce que tu désires par-dessus tout, un endroit où être accepté et apprécié, où être à ta place. Subtil mélange de mirages miroitants et de dépréciation de leur cible, d'infériorisation, qui poussent à croire que là est la seule issue. Mieux : que c'est le meilleur choix. On peut regretter lorsqu'on a pas le choix. On ravale sa fierté quand on l'a prit et qu'on est persuadé que les autres seraient pires.  

Étonnamment, tu ne te perds pas. Pas cette fois - ce chemin que tu empruntes, tu l'as déjà fait une bonne demi-douzaine de fois durant ces deux jours. Tu t'es ravisé toujours. Tu t'es dégonflé, trop incertain de ce qui va se passer. Chute libre du coeur et des tripes dans un vide d'inconnu. Tu ne sais pas pourquoi ça t'affecte autant, tu te moques de toi même et te murmures combien tu es ridicule. Pourquoi t'en faire autant ? Ca fait plus de dix ans que tu n'as pas vu Caliban, à peine moins que la moitié de ta vie, pour un lien qui n'a duré qu'un peu plus d'un an. Proportions immenses, effarantes, surtout lorsque l'on sait qu'il n'a répondu à aucune de tes tentatives de le recontacter, plus fréquentes, frénétiques même un temps, depuis que tu t'es éloigné de la Team Rocket et que tu l'as quittée. Mais qu'est-ce que le temps ? Qu'est-ce que sont des durées et des proportions ? Quand tu avais 12 ou 13 ans, même un an te semblait une petite éternité. Et puis surtout, il était important pour toi, Caliban. Il était ta bonne étoile dans un monde de glace et de roche, de la froideur de gens qui t'ignorent et la dureté railleuse et ironique de ceux qui te forment et te côtoient. Il était le seul à te porter un peu d'intérêt, à veiller sur toi - ton père n'y arrivait pas, prit dans la tourmente du deuil et les tourbillons cruels d'une trop grande ressemblance - à te conseiller et t'aider, parfois, aussi. Alors même si ça n'avait pas duré longtemps. Même si votre relation avait été sporadique, irrégulière au mieux, elle t'a marqué - et elles restent, indélébiles, ce genre de marques, qu'elles soient bénéfiques ou néfastes. Tu ne sais pas de quel côté se trouvent celles-ci. Sûrement des deux, tu sais que les choses ne sont jamais toutes blanches ou noires - elles sont un océan de gris maussades, et monotones.

Tu t'immobilises ; tes jambes te portent à l'arrêt et tes foulées se stoppent dans une ombre qui t'écrase. Devant toi, l'arène de Vertresse te surplombe ; elle te terrasse - plus efficacement qu'une attaque électrique un Goélise. Même à une dizaine de mètres de ses grandes portes, tu peux sentir la douceur de son air, la délicatesse d'odeurs subtiles et délicieuses qui y fleurit et s'épanouit. Ca te tord l'estomac pourtant, le coeur te monte aux lèvres - soudaine montée d'angoisse maintenant que tu es là, d'une anxiété qui t'étrangle de ses doigts fantomatiques. Tu te sens comme ce gamin que tu étais alors, en proie aux spectres de ses rêves et obligé de faire face l'impitoyable réalité, qui se liguent à ton encontre. Les sueurs froides te reviennent lorsque tu te dis que tu n'étais sûrement qu'un gamin comme tant d'autres qu'il aurait aidé, perdu dans la marée de l'oubli et de l'anonymat. Tu ne sais pas ce qui serait le pire : qu'il t'ait oublié ou qu'il t'ait ignoré, volontairement rejeté - surtout, tu continues de te dire que c'est idiot. Idiot de t'inquiéter autant, de te mettre dans cet état. Advienne ce qu'adviendra, est-ce vraiment si important de le retrouver, de le revoir ? Est-ce vraiment si important s'il ne se souvient pas de toi, ou n'a plus qu'indifférence à ton égard ? Qu'il ne veut plus avoir affaire à toi, à tes regards ? Si tu arrivais à relativiser, tu sais que tu dirais que non. C'est toujours cette fichue histoire de proportions : tu ne l'as finalement que peu connu, et tu t'en es très bien sorti sans lui pendant ces dix années. Il n'y a que l'illusion de souvenirs enjolivés, rendu scintillant par l'épaisseur des ombres. C'est une lubie. Un caprice d'enfant perdu. Une pulsion étrange et irraisonnée. Mais c'est important pour toi. Au moins, il faut que tu saches - peu importe l'issue, autant être débarrassé de cette obsession qui te prend.

Tu prends ton courage à deux mains. Respires à fond. Et puis tu y vas. Tu pousses la porte d'entrée, subit l'assaut enchanteur des odeurs qui emplissent l'air. On te demande ce que tu viens faire là ; c'est par automatisme que tu réponds, à peine plus fort qu'un murmure machinal. "Je viens voir le champion de l'arène." On t'observe un instant, l'air étrange. Probablement à cause de ta voix bizarrement vide, de ton expression trouble. On te laisse passer, malgré tout, et tu sens les regards se poser sur toi. C'est à peine si tu les sens, à peine si tu observes la luxuriance du jardin intérieur. Tu en auras le temps une autre fois, tu n'es pas là pour ça. Et puis finalement, tu le vois. Impossible de le manquer ou de ne pas le reconnaître, même si l'intangibilité du souvenir diffère un peu de la réalité frappante. Est-ce que lui te reconnaîtra seulement, d'ailleurs ? Ton expression tremble, hésite ; elle se tord, oscille entre un sourire qui n'ose pas et... et quoi ? Toi-même, tu ne sais pas, et sans doute que c'est bien ce que ton visage reflète. "Salut, Caliban. Ca fait longtemps." Et le silence t'enlace. Ta bouche se fige dans ses frémissements, ton esprit se fait blanc. Et maintenant quoi ?
(c) AMIANTE
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Message(#) Sujet: Re: Down on the memory lane (Caliban) Down on the memory lane (Caliban) EmptySam 10 Juin - 22:39



Instant éphémère, d'une frivolité éclatante, un rayon de soleil blanchit de la lueur du matin perça une ombre aux travers des rideaux, éclairant doucement l'intérieur d'une chambre à la propreté certaine. En son centre, un lit pour unique mobilier occupait la majorité de l'espace, austérité contrasté par la chaleur émanant de la peinture verte recouvrant murs et plafonds. Pupilles enrobées d'une légère confusion, le corps encore tremblant d'un sommeil résiduel, fantomatique, tes doigts pianotèrent quelques instants contre le rebord du matelas. Accroche qui se fait ressentir, écharde piquant le bout du pouce, des ongles s'enfoncèrent dans le bois zébrant ton couchage, propulsant ton buste vers le haut. Vertige qui crispe tes lèvres, deux pieds nus se posant sur le carrelage froid, creusant quelques frissons désagréables le long de ton échine, tu te redresses, lentement. Une chemise plus tard, quelques foulées entre rêveries nuageuses et réalité désobligeante, et l'air pur prodigué par ton environnement privilégié fini de te réveillé parfaitement. Sous tes pas, le carrelage froid de cette partie de l'Arène laissait peu à peu place à un plancher plus brute, plus chaud, agrémenté de plusieurs plantes en pots si tôt que tu te rapprochais du centre de l'endroit. L'odeur, particulièrement fleurie, te prodiguait désormais une instantanée sérénité, que les plantes exotiques que tu t’exhortais à cultiver dans les étages rehaussait de par les couleurs chatoyantes. Les pieds dans le vague, l'humeur enivré, tu cherchas inconsciemment la présence de tes Pokémon entre les intersections, t’étonnant presque de l'absence de First à ton réveil. Inquiétude non avoué, totalement rejetée, d'un homme qui ne sait pas aimé de la plus saine des manières, l'inconsciente présence de la Rafflésia à tes cotés s'était développé aux fils des années comme une évidence. Évidence concrète aux yeux des autres, car tes regards à son égard ne reflète qu'amertume et désintérêt, amour soluble qui ne peut que se désagréger face à une peur trop grande pour toi. Soutien éternel, d'une partenaire essentielle, tu ne pouvais que fuir sa présence là ou elle ne cessait de s'imposer à la tienne, tendrement.

Une aigreur aux bords des lèvres, l’œil hagard, ton attention se fit distante quand tu croisas le chemin de Flare, entraînant un brusque changement de direction sous le regard narquois du Farfaduvet.  Cœur qui se serre, l'inquiétude tenace d'un regret qui s’immisce, tu assures pourtant la fermeté de ta marche, déterminé. Et les images se superposent, créatures de bonheur que l'on enlève à l'affection incertaine d'un enfant, crevasse au fond de l'esprit, brûlure de l’âme. Les cris et les pleurs du passé, noyés sous une lente acceptation et de la peur qui s'ensuivit, désormais simple mirage ne revenant te hanté que lorsque les questions venaient à te brûler la conscience. Menton qui se hoche, doigts basanés courant dans de courts cheveux ébouriffés, un soupir pour seul oublie.

Un sourire gentil, sincère, illumine ton regard d'une innocence certaine lorsque tu salues les jardiniers prenant soin de ton lieu de vie, te joignant à eux dans une habitude qu'il t'es facile d'endosser. Les manches retroussés sur les coudes, deux gants en guise de simple protection, et tous tes soucis s'enterrent sous les palmiers et les orchidées, les edelweiss nourrissant une joie euphorique t'étant à présent coutumière. L'attention entièrement fixé sur l'odeurs étourdissante de la terre et du feuillage, les sombres pensées reléguées au range de frivolité, tu n'aurais échangé ta place pour rien au monde. L'arrivée discrète de First ne t'apporta qu'un léger crissement de la mâchoire, fissurant ta concentration en une légère pluie d'aiguilles se fichant contre ton cœur, sarcastiquement, douloureusement. La Rafflésia ne t'adressa pourtant qu'un regard chaleureux, dénué du moindre reproche, fut-il autant mérité qu'à cet instant précis. Gardant ses distances, attitude complaisante de l’être te connaissant surement le mieux en se monde, elle veilla cependant à te garder dans l'ombre de son regard, et cela ne t'échappa pas, un sourire tendre fleurissant en miroir à ton expression distancielle.

"Salut, Caliban. Ça fait longtemps."

Et le temps s’arrête. Lourdeur miroitante d'un silence qui se pèse, le miasme enserre ton esprit, étourdis tes sens. Incongruité d'une situation impossible, aussi imprévisible qu'invraisemblable, serrant ta gorge d'une torpeur étrange et inhospitalière, tes paupières se font lourdes, tes pupilles, humides. Le regard qui se relève, toise et s'interdit la moindre faiblesse, grandeur d'un homme terrifié par quelques mots et la blondeur d'une enfant. Tu te redresses, ne remarquant qu'à peine la prise de position de First à tes cotés, protectrice, prévenante. Prête à intervenir à la moindre difficulté.
Car devant toi, se tient l'un des fantômes de ton passé.
La gorge sèche, gants qui se détachent patiemment de tes doigts pour échouer dans la terre, tu le fixes, lui. La blondeur d'un champs de blé, l'air indolent d'une innocence maladroite, faussé, les yeux furtifs d'un gamin dont la peur et l'attente tendent douloureusement les traits, comme un supplice. Et l'erreur ne t'ai pas permise, car jamais tu n'aurais pu te tromper sur le mirage aussi lointain que marquant évoqué par sa présence ici.

''Artémis. Tu es Artémis, n'est-ce pas?''

La voix rauque, sèche et enroué, d'un homme qui s'armure dans une attitude, tu as la peur collé au ventre et l'échec enroulé autour de l'esprit. Courage qui s'insinue dans une position, quelques gestes et regards, First se tend à tes cotés, soutien indéfectible que tu ignores royalement.
Rejet total de la chance qui t'es offerte, l'angoisse irraisonné de la possible présence de l'Organisation dans ton sanctuaire t'enlevant tout jugement digne de ce nom.

''Je ne veux pas de sbire de la Team Rocket dans ma ville. Pars immédiatement, ou je serais obligé de sévir.''

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Message(#) Sujet: Re: Down on the memory lane (Caliban) Down on the memory lane (Caliban) EmptyMer 14 Juin - 17:27

Memory lane

Langue qui se perd, souvenirs qui errent dans l'esprit devenu blanc avec la fulgurance d'un éclair. Paroles qui se cachent, mots qui s'étranglent avant même d'être créés. Tu avais tellement pensé à ce jour, au jour où tu reverrais Caliban après toutes ces années d'absence, après ces mois passés à essayer de le contacter sans jamais recevoir de réponse ; au jour où tu pourrais lui parler, lui raconter, et puis surtout lui dire que, finalement, tu as quitté la Team Rocket. Dans ta tête, tu as tenu des discussions entières avec le spectre de son souvenir, tu lui as raconté plus d'une fois des difficultés rencontrées ou des détails insignifiants de ta vie. Tu lui as raconté cent fois en quoi la soudaineté de son départ t'avait semblé un abandon, que son absence t'a blessé et perdu, même si ça fait maintenant longtemps que tu as compris et accepté son choix. Chacun fait au mieux pour lui-même, vivre n'est jamais facile, surtout dans les sphères sournoises de la Team Rocket, de leurs méthodes dont la rudesse touche trop souvent à la cruauté, leurs eaux troubles pleines de promesses creuses et pourtant alléchante, or plaqué sur de la boue. Il avait fait un choix, et les choix de ce genre sont, bien souvent plus difficiles qu'il n'y parait - tu en as toi-même fait l'expérience. Il faut se battre, contre ce qui a été intégré de force, contre ce qui a été apprit et assimilé jusqu'à paraître normal, jusqu'à sembler banal ; il faut lutter contre des chaînes avec lesquelles on a grandit, et dont l'absence du poids est parfois ressenti comme un manque pour y avoir été trop habitué et les avoir trop porté.

Pourtant, si tu avais imaginé cette scène et que tu l'avais rejouée des dizaines de fois, réinventant constamment les détails et les circonstances, tu n'avais pas réfléchi à ce que tu lui dirais vraiment. Tu n'avais pensé qu'à des choses que tu aurais pu lui dire si vous étiez dans le passé et que son absence n'était rien de plus que les précédentes - éphémères, de quelques semaines et non nombreuses années. Tu n'as songé qu'à des choses qui font parti de celles qu'on ne peut dire que dans sa tête, qu'à un regret ou un souvenir. Pas à une personne faite de chaire et d'os, et surtout d'un esprit et d'émotion, d'une vie propre et non de l'éternité humaine d'une mémoire. Mais même ça t'échappe. Tes pensées se meurent dans tes ruines, s'évadent dans les brèches que les chaînes ont ouvertes lorsqu'elles se sont arrachées. Tu te réfugies dans un silence qui t'étreint alors que le temps se suspend - pour lui comme pour toi, tu le lis dans la manière dont le gris de ses grands yeux s'élève et te rive, qui te toise et qui te jauge. Tu ne peux t'empêcher de déglutir, alors même que tu relèves le menton et que tes lèvres frémissent, que le sourire fantôme qui affleure sur tes lèvres ne flétrisse. Les vrilles glacée de la crainte reviennent te tourmenter - une peur sourde et aveugle, impossible à raisonner. Et s'il ne te reconnaissait pas ? Une voix trop suave, trop froide, sournoise, qui s'insinue dans le creux de ton oreille et se fond dans ton esprit pour en faire son empire - elle chuchote, à peine un souffle, et ses murmures inaudibles glacent tes os, inondent tes pensées d'une anxiété impossible à maîtriser. Et s'il te rejetait sans même t'écouter ?

Douceur de syllabes qui jouent les évadées ; frémissement qui grimpe tes vertèbres lorsque, immédiatement, tu les reconnais. Celles qui t'ont accompagnées depuis ta naissance et qui te suivront par de-là ta mort - c'est ton prénom, ce prénom longtemps dénigré mais que tu as apprit à aimer, qu'il prononce en premier. Myocarde qui frappe sa cage avec une frénésie redoublée, et l'espoir exhaussé l'élève dans un élan d'allégresse, repousse les doigts trop froid de l'appréhension. Elle est toujours là, pourtant, elle s'accroche à toi, mais tu ne peux t'empêcher d'espérer. Le sourire, sur tes lèvres, se teinte d'une touche d'une joie identique mais encore légère - il tremble toujours pourtant, frémissement qui traverse tes lippes et y revient, envahi leur couleur rosée, fleur timide dans un printemps encore en proie aux vents hivernaux. Si tu remarques le rauque de sa voix, qui se glisse sous ta peau, que tu perçois le changement d'attitude, un courage qu'il semble s'insuffler, c'est à peine si tu fais attention au Rafflésia qui semble vous surplomber de son attitude protectrice - c'est à peine si tu fais attention à votre environnement, à ce qui se passe autour de vous, sur qui ton attention se concentre comme si vous étiez coupés du monde. C'est presque trop à gérer dans un même moment pour toi. Tu ne fais qu'hocher la tête pour affirmer que c'est bien toi - même un oui semble trop grand, proportions devenues trop immenses, pour passer dans l'étroitesse de ta gorge qui s'étrangle.

Et puis la chute. L'espoir stupide qu'il a fait éclore en prononçant ton nom s'écrase avec fracas sur les rocs humides, là-bas, au pied de la falaise d'où il vient de projeter - il se déchire sur leurs dentelures effilées et fuselées. C'est un poignard qui se fiche droit dans ton coeur, qui récidive dans tes tripes, lame trop affûtée - ou peut-être pas assez : ne dit-on pas que le coup n'est que plus douloureux lorsqu'il est plein d'aspérités ? Lorsque la rouille s'y mêle et qu'il faut forcer pour le faire trancher, pour le plonger dans les chaires qu'il transperce. La vivacité d'une douleur à laquelle tu ne t'étais pas attendu - plus violente, plus doucereuse aussi - éclate, et ses reflets se mirent sur la surface, visage figé, tremblant pourtant, plein de torsions qui s'accentuent et se relâchent tout à la fois : au moins, maintenant, tu es fixé. Enfermé dans le mutisme, séquestré dans une bulle hors du temps, espace où la scène se joue dans une boucle inlassable, il te faut un moment pour réaliser. Plusieurs assauts avant que la double signification de ses paroles te frappe leur tour. Il croit que tu es toujours un membre de la Team Rocket - ça te fait mal qu'il pense encore ça de toi, qu'il te rejette comme ça alors qu'il en a lui aussi fait parti, qu'il est celui, de tous ceux que tu connais, avec l'histoire la plus semblable à la tienne ; mais il ignore la vérité. Tu ne l'es plus : voilà ce qui a de l'importance, parce que ça veut dire que tu as peut-être encore une chance. Et tu te précipites dessus, tu t'en empares et la serre contre ton coeur encore endolori qui n'ose se gonfler d'espoirs trop minces, peut-être superflus. "Non ! Je..." Tu hésites, malgré tout, tu cherches des mots qui s'amusent à se cacher dans ta bouche. C'est bien la vérité, mais rien ne garanti qu'il te croit, et tu ne veux pas tout gâcher si tu n'as qu'un essai. Soupirs qui s'échappe, qui fuit tes poumons et emporte quelques unes des barrières inconscientes qui t'empêchent de parler. De toute façon, tu ne peux rien faire de plus que de lui raconter. "C'est ce que j'étais venu te dire... Ce que j'essayais déjà de t'expliquer toutes ces fois où j'ai essayé de te contacter, aussi. J'ai quitté la Team Rocket, Caliban - j'ai fait comme toi. Tu avais raison en le faisant, et j'aurais dû moi aussi le faire bien avant... Mais je n'en fais plus parti, maintenant." Voix qui reste en suspend - toujours, l'hésitation. Il y a tant de choses que tu pourrais lui dire ; tu ne sais pas quoi rajouter - attendre de le voir réagir, ou l'en empêcher en enchaînant le récit de ton départ et de tes difficultés à les quitter, pour retarder l'échéance. Le premier choix s'impose sous le dilemme, et tu le fixes d'un air qui transpire l'angoisse, sueurs intangibles d'une appréhension qui te dévore. Et s'il ne te croit pas ? Les probabilités sont fortes - toi non plus, tu n'es pas sûr que tu ferai confiance immédiatement, en accueillant à bras ouvert, le premier "ancien" membre de la Team Rocket que tu croiserai. Méfiance normale et bien compréhensible, et tu réfreine l'envie de te frapper le front dans l'élan de frustration qui t'envahi - tu es idiot, tu aurais dû y penser plus tôt. "Pardon, j'aurais dû te le dire immédiatement, en arrivant..."

(c) AMIANTE
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Message(#) Sujet: Re: Down on the memory lane (Caliban) Down on the memory lane (Caliban) EmptyJeu 29 Juin - 11:41



HRP:
 

L'odeur coutumière, sucrée et entêtante, d'une pivoine aux épaisses pétales. Le murmure parfait, assourdissant d'une habitude ignorée, d'une tendre rivière et de ses effluves, irriguant de sa vie fleurs et arbustes nourrissants l'endroit d'une claireté verdoyante. La moiteur, sueur enthousiaste, fleurissant ta peau d'une douce pellicule d'incertitude en une multitude de paillettes discrètes, écœurantes. Quelques coups sourds, portés à tes oreilles, résonance d'un sang et d'un cœur battant au rythme d'une respiration singulière, irrégulière. Résultat entralassé d'une vie d'habitude, hétéroclite et épurée, qui ne cesse de s’effiler face à un regard un peu trop bleu, un peu trop vieux. Les membres se mouvent, se tendent et s'étendent, prisonniers d'un vaste marasme dont tu ne sembles définitivement pas pouvoir te soustraire. Collé au fond de ton esprit, ce sont des souvenirs qui resurgissent, des actes et des certitudes, miroir brisé d'un passé que tu ne cesses de fuir et de redouter. Les regrets, accrochés à quelques brins dorées, d'un choix qui t'aura assuré une vie de facilité et de tranquillité, en faisant de toi un etre égoïste.

Tu n'entends pas plus que tu ne remarques la présence imposante, sérieuse, de First à tes cotés. L'esprit contrit de celui qui ne peut s’empêcher de réfléchir, d'espérer et d'imploser, tu mesures les risques et les défis de ce que cette simple présence peu signifier. Artémis. Un fantôme du passé, un gamin débraillé, une chose importante qui s'échappe et s'écharpe, déviée de tes centres d’intérêts par des choix et des envies, les fils de la vie et un égoïsme prenant. Tu pourrais presque t'en vouloir, de ce que tu aurais pu faire en ce jour fatidique, une dizaine d'année auparavant. L'abandon d'une famille, d'une éthique et d'une manière de vivre, dangereuse et envoûtante, conscience d'un enfant endoctriné qui ne peut que se réveiller, fuir les bourreaux et les êtres aimés, toujours plus loin, plus vite. Tu n'avais pas cherché à comprendre, autrefois. Trop fier pour t'intéresser au sort d'un autre, trop faible pour en prendre la responsabilité, tu avais choisi de ne saisir qu'une seule main, délaissant tout ceux qui t'aimais et te respectais, ceux qui aurait pu comprendre. Mais la terreur et l'incertitude ne laissent que peu de place à tout autre chose qu'une mince angoisse, épingle fiché au fond du cœur.

Cette angoisse se reflète dans les yeux de l'enfant, miroir affolant d'une pensée mystifiée, lien indescriptible qui ne peut s’empêcher de rouer ton coeur de milles coups éreintés. Voix caressante, soupir empreint d'une étroite lourdeur, les mots résonnent, trop cristallins pour oublier de se briser. Tu t'y accroches, t'y réconforte, la peur et la colère collant tes paupières d’œillères irrégulières, dont il t'es difficile de te défaire. Pour toi, sa simple présence ici n'est qu'hérésie, un danger aux arrêtes acérés, qu'il t'es impossible d'éviter. Les muscles se tendent, une mâchoire aux dents serrés, une lèvre aux bords perforées. Tu crains, mais tu espères. L'haleine se bouscule, les mots crèvent une place au sein de l'électricité de ton esprit, quand le souffle du fantôme s'achève sur une angoisse, une attente qui t'es du. La chose te parait alors insurmontable; impossible et inespérée. Les doigts se tordent, la pression sur tes poumons s'amoindrit. First, forte de sa présence, passe devant ta silhouette, creusant un espace entre l’intrus et ta faible personne. Reclus, perdu, tu pèses chacun de ses gestes, de ses mots, en assimilant la consistance et les aboutissants, si invraisemblables à tes yeux tendancieux que la méfiance ne peut que prédominer une attitude.
''j'ai fait comme toi.''

Les syllabes résonnent, claquent, et c'est un regard surprit que tu finis par levé vers l'enfant, qui n'en est plus tout à fait un. L’être qui prodiguait quelques soigneux conseils à un Artémis ignorants, innocent, t’apparaît désormais d'un autre monde, d'une autre époque. Tu ne peux que deviner la raison de sa présence ici, et le fait qu'il n'y trouverais pas sa place. Le Caliban de la Team Rocket, aux grandes idées de liberté et aux jolies mots, n'existait plus. Un soupir entre les dents, une épaule qui se délie sur une aspiration, tu repousses First, reprends ta place d'un air plus certain, totalement mystifié. Le regard fixe, un brin de grandeur dans un attitude protectrice qui ne t'apparais que comme un mirage tardif, tu te rapproches d'Artémis, calmement.
Un murmure dur et mesuré s'échappant de l'effluve de tes lèvres, tu cherches la réponse qui échappe à ton raisonnement.

''Racontes-moi. Si tu as bel et bien quitté la Team Rocket, alors sache que tu es le bien venu ici. Mais, Artémis, si tu essayes de me tromper... Alors tu ne ressortira pas d'ici sur tes deux jambes.''

Les mots te blessent, acidulés, vaine tentative de reprendre le contrôle d'une situation qui échappe à toute prévoyance.

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Message(#) Sujet: Re: Down on the memory lane (Caliban) Down on the memory lane (Caliban) EmptySam 8 Juil - 19:07

Memory lane

Confusion qui t'égare sous ses regards, qui s'empare de toi de ses ondes folles et silencieuses, de ses parfums entêtants. Peut-être que c'est ça, après tout ? Que ce n'est que la douceur des odeurs suaves qui se mêlent et envahissent la serre qui t'étourdissent de leur mélange étouffant dans ses délices délicats. Après tout, c'est depuis que tu as trouvé le courage d'entrer dans l'arène de Vertresse que tes pensées te fuient, que tes mots jouent les absents - le naufragé d'un tourbillon dont tu ne connais la cause, voilà ce que tu es à ce moment. Perdu parmi des flots que tu ne peux contrôler, à lutter pour respirer, pour garder la tête hors de l'eau assez longtemps pour aspirer des bouffées sifflante d'un air qui menace de te manquer. Pris dans la tourmente, tu ne peux que te dire qu'il s'agit d'une stratégie retorse pour déstabiliser les adversaires qui viennent affronter celui à qui appartient ce royaume végétal. Toi, tu n'as fait que venir le voir, celui qui règne en maître sur ce dédale, tu n'as fait que vouloir lui parler et croiser son regard, mais si telle est la tactique il doit la trouver tout aussi utile, Caliban. Sa froideur, si aride qu'elle frôle l'antipathie, tu l'as bien sentie : elle fuse sur toi et t'inonde au point de te faire perdre pieds, de t'éloigner de la berge. Que faire ? Que dire ? Questions qui tournent sans fin dans ta caboche, rapaces perdu qui volent en cercle haut dans le ciel sans trouver ni proie ni terre - leurs cris forment cette ritournelle, sempiternelle.

Et puis tu te reprends, un peu. Tu cesses de te débattre en vain contre des liens avec lesquels tu t'es toi-même enlacé, ligoté. Tu laisses tomber la réflexion, les doutes et les hésitations. Tu parles, seulement, le coeur battant. Tu joues le tout pour le tout. Mais il faut qu'il t'écoute, il faut que tu parviennes à lui dire, au moins, que tu as quitté la Team Rocket - si tu ne le fais pas, les remords te boufferont de leurs crocs terribles, les regrets te déchireront sans te laisser de répit. Alors voilà, tu lui dis, simplement, à coeur ouvert. Qu'il te croie ou non dépend de lui maintenant, qu'il t'accorde une chance de t'expliquer ou accepte ces paroles qui ne sont autres que la vérité, ou qu'il te rejette sans chercher à plus t'écouter, qu'il te foute dehors sans t'accorder le bénéfice du doute : quoi qu'il choisisse de faire, maintenant, ne dépend plus de toi. Tout ce que tu peux faire c'est attendre et le regarder anxieusement, au rythme des battements douloureux de ton myocarde dans ta poitrine. Même si un peu du poids qui t'écrasait s'est envolé de tes épaules, il en reste encore trop pour que tu puisses faire autre chose qu'attendre et espérer, appréhender. Il relève les yeux, et ce sont des lueurs surprises que le bleu de tes yeux découvre dans le gris de prunelles qui, un temps, il y a longtemps, étaient les seules à veiller sur toi - qui ont peut-être jamais été les seules à le faire vraiment.

Dans le sillage de son regard, c'est lui qui se lève maintenant. Son corps se délie, se grandit. Il s'impose et reprend une posture qui t'es bien plus familière. Coeur qui rate un battement et change de royaume pour envahir ta gorge de ses pulsations irrégulières. Tu ne sais pas si ce ne sont qu'apparences, si ce n'est qu'une façon qu'il se donne - dans tous les cas, il t'impressionne, il redevient cette figure culminante, qui te surplombe et sur laquelle tu as juste envie de te reposer, d'accorder toute ta confiance et ton respect. Mais tu sais que ce n'est pas gagné : toujours pris dans ce tumulte confus, tu es incapable de prédire plus en avant ses réactions et ses paroles. Et si le clair des yeux reste de glace lorsqu'ils te fixent, si le murmure est dur, ton coeur s'envole à ses paroles. Raconte-moi, dit-il. Raconte-moi, t'offre-t-il. Tu as une chance de le convaincre de te croire, une chance de lui montrer que tu es sincère, et tu en oublies totalement la menace qui rode comme une bête féroce qui jauge sa proie, invisible depuis les ombres. Bleu humide, qui monte aux yeux sans pourtant couler, animé par des pulsations désordonnées. Un peu mal-à-l'aise, poussé dans l'urgence de le persuader de la vérité - tu te sens maladroit, un peu idiot aussi, incapable comme tu l'es de rester de marbre, de cacher le pouvoir qu'ont chacun de ses mots ont sur toi, impérieux. Mais il y a l'espoir, surtout. Tu veux t'avancer vers lui, te saisir de son bras, le serrer entre tes doigts comme une ancre à laquelle te raccrocher pour éviter de dériver - tu sais que ce n'est pas une bonne idée. Déjà parce que, maculé de fébrilité, il est certain que tu manquerais de peu de te casser la gueule, et surtout parce que tu doutes qu'il apprécie le geste et qu'il t'aide à le convaincre.

Alors tu restes sagement où tu es, hésitant, sans vraiment savoir comment le convaincre, ni que dire et où commencer ton explication. Ta bouche te trahit dans ses torsions légères, les mots s'y étouffent avant même de se former. Tu déglutis finalement, ravale la boule qui te bloquait les cordes vocales. Tu inspires. Et puis tu essayes de te lancer. "Hm..." Autant pour toi, c'est un peu raté. Tes joues chauffent, mais tu te reprends. "Je sais pas trop où commencer ni quoi te dire, en réalité... C'est arrivé un peu après une mission où le pokémon de mon coéquipier a disparu - il y est resté, on peut même le dire. Ca lui a fait un choc et peu de temps après, il est parti et a aussi quitté la Team Rocket. On était proches, c'était vraiment l'une des rares personnes que je considérais comme un ami..." Les yeux se baissent, se perde dans les végétaux qui emplissent l'arène jusque autour de vous. Ca remonte déjà à il y a quelques années, pourtant lorsque tu y repenses, la douleur est toujours vive. "C'était un peu un abandon. Un autre." Gorge serrée, tu relèves néanmoins les yeux. Le bleu se rive au gris, s'y accroche - pas de reproches, juste une manière tacite de lui signifier que son départ aussi, tu l'as vécu comme un abandon, mais que tu comprends. "Enfin toujours est-il que ça m'a vraiment marqué. J'ai mis un peu plus de temps à quitter la Team Rocket, parce que j'avais l'impression qu'ils étaient mon seul espoir, les seuls à pouvoir être un peu ma famille, mais sans toi et sans Micah, c'était pas pareil. Et puis je crois qu'ils m'en voulaient de pas l'avoir retenu." La bouche qui se tord, amère. Envers ton coéquipier qui a disparu sans te donner non plus de nouvelles. Envers ceux qui t'ont si bien endoctriné que tu les as cru pendant des années. Envers la manière dont ils t'en ont voulu et te l'ont fait savoir. "Mais tu le sais, n'est-ce pas ? Quand on est embrigadé jeune, c'est difficile d'avoir le recul et l'expérience, de réussir à se défaire de leur emprise et de tout ce qu'ils nous ont fourré dans le crâne, qu'ils ont semé et qui a prit le temps de s'enraciner profondément. Mais j'ai toujours eu en tête ce que tu me disais à l'époque. La manière dont tu veillais sur moi, les conseils que tu me donnais." Tu le regardes mais le vois-tu ? Le bleu s'adoucit, se perd dans des souvenirs qui portent l'esquisse d'un sourire nostalgique sur tes lèvres, envahissant tes traits. Tu te forces à garder ton attention concentrée sur lui, néanmoins - il est important que tu t'assures de le convaincre. "J'ai dû lutter, tu sais, pour me défaire de tout ça, alors qu'ils continuaient de s'accrocher. D'ailleurs j'ai toujours peur qu'ils me retrouvent, qu'ils me rattrapent et ne me laissent pas de choix. Mais pour m'aider je pensais aussi à toi et à ce que tu me disais, à la personne que tu es dans mes souvenirs : et je me disais que tu avais raison. Qu'être libre, loin et hors de leur emprise est bien mieux, bien plus important que l'impression de sécurité qu'ils me donnaient - elle était fausse, j'en ai conscience maintenant."

Finalement tu te tais. Tu ne sais pas trop si tu en as trop dit, ou pas assez. Si tu n'es pas complètement à côté de la plaque en lui disant tout ça. Mais c'est important pour toi. Il l'est, en tout cas, ou l'était. Et indirectement, il a continué de t'aider, alors tu lui dois bien ça, le récit sincère, peut-être incomplet, peut-être égaré, de la manière dont tu as quitté la Team Rocket.
(c) AMIANTE
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